Mon histoire au Cambodge avec Thane

Une simple histoire de solidarité, comme tant d’autres

Cambodge 2014 : deux besoins, deux vies, un échange, une amitié 

Ceci n’est rien d’autre qu’une histoire simple de deux personnes ordinaires, séparés à l’origine par la moitié du monde, se rencontrant sur le chemin de la vie et s’aidant l’un et l’autre. C’est une histoire simple de solidarité entre deux hommes comme elles peuvent arriver, mais riche de sens.

André : interprète à l’ONU qui ne savait pas conduire

Je suis arrivé à Phnom Penh en février 2009 avec un confortable contrat de l’ONU en poche afin de travailler comme interprète au procès des Khmers rouges. J’avais à peine été en Asie auparavant. Pendant que Pol Pot créait l’enfer au Kampuchéa démocratique, qu’un nombre certains de mes collègues ont vécu d’ailleurs, j’étais moi, à cette époque, un préadolescent révolutionnaire de 12 ans au Lycée Janson de Sailly en plein cœur du 16ème arrondissement de Paris.

Trente-trois ans plus tard, les vicissitudes du destin m’ont mené à Phnom Penh. C’est un endroit où beaucoup de gens travaillent 7 jours sur 7, 12 heures par jour, pour $120/mois en moyenne. Un kilo de riz, de quoi fournir la base alimentaire pour une famille de 4 pendant 2 jours, coûte un peu plus d’un dollar, et un litre d’essence pour la mobylette ou les besoins quotidiens de transport, tel qu’emmener les enfants à l’école, coute un petit peu moins qu’un dollar. Pour poser le contexte également, je ne savais pas conduire et il n’existait pas véritablement de transport public.

Thane, de pêcheur de crabes naufragé à licencié en Affaires Internationales

Quand j’ai rencontré Thane, il travaillait 7 jours sur 7, 12 heures par jour, pour 100 dollars par mois comme bagagiste dans un hôtel 3 étoiles au centre de Phnom Penh.

Avant cela il avait été pêcheur au large de sa province natale de Kampot. Un beau jour son humble petit chalutier coula. Thane survécut en s’accrochant à un des barils d’eau, tombé dans la mer et flottant dans la furie du Golfe de Thaïlande sous la mousson, quelque part vers l’île vietnamienne disputée de Phu Quoc. Il dût attendre 18 heures avant que des secours n’arrivent avec un équipage de pêcheurs de crabe du coin.

« Tes bras commencent à vraiment fatiguer et te font mal. Ils deviennent tout mous et froids. Les crabes les pincent mais si tu lâches, t’es mort. » C’est comme ça que Thane m’a raconté ce qui s’est passé.

Cette expérience le traumatisa et il partit donc vers les terres, à Phnom Penh, dans un hôtel japonais relativement confortable qui servait aussi de point de chute et de repos pour la mafia nigériane trafiquant la cocaïne et l’héroïne vers la Chine.

Alors que nous essayions encore de trouver notre chemin à Phnom Penh, un chauffeur de taxi parla de Thane à ma femme et il devint notre chauffeur.

Quelques week-ends plus tard, nous partîmes avec lui à la plage pour un repos bien mérité. Thane me demanda alors de lui prêter un atlas pour s’occuper au bord de la mer. En deux tours de page il repéra la capitale du pays natal de ma femme, le Surinam, et nous devînmes amis. Je vis à quel point Thane aime le monde.

Thane termine maintenant sa licence en Affaires Internationales à la prestigieuse Institute of Foreign Languages du l’Université Royale de Phnom Penh. Il espère travailler un jour pour une ONG engagée dans la protection de l’environnement.

Un confortable salaire onusien peut au moins soutenir une telle ambition. Tout le monde peut être un héros du quotidien ou changer la vie de quelqu’un, il suffit de regarder autour de soi.

Thane et André, une histoire simple de deux personnes ordinaires, séparés à l’origine par la moitié du monde 

Une simple belle rencontre humaine et solidaire

Je parle maintenant le Khmer presque couramment et Thane nous a sauvé la vie d’innombrables fois dans la corrida des routes du Cambodge. Et surtout, Thane m’a appris à conduire ! Effectivement, j’ai appris à conduire il y a seulement trois ans. Mais le chaos de la circulation locale et les doux conseils de Thane m’ont bien appris, j’ose penser.

Tout ceci n’est rien de plus qu’une simple histoire de deux personnes ordinaires.

C’est une simple histoire de partage, comme cela arrive tout le temps. C’est cette solidarité que nous voulons mettre en œuvre au niveau mondial mais aussi local et intra-personnel.

Cette plateforme permettra à chacun d’identifier plus facilement les initiatives locales innovantes, d’entrer directement en contact avec les porteurs de projets, de les rencontrer lors d’évènements, de promouvoir leurs solutions… et constitue à ce titre un véritable laboratoire d’innovations.

 

 

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